01 - Papa adieu 

J’avais 11 ans quand mon père est parti, brutalement, sans prévenir.
À cet âge-là, on ne comprend pas la mort. On la ressent comme une injustice immense. Mon monde s’est effondré d’un coup, sans mode d’emploi. Du jour au lendemain, ma mère s’est retrouvée seule avec trois enfants, et moi, le fils aîné, avec un poids nouveau sur les épaules.


Les questions existentielles se sont mises à tourner en boucle.
Pourquoi lui ?
Pourquoi maintenant ?
Pourquoi alors qu’il avait soif de vie, alors que nous étions heureux, tous les cinq, simplement heureux ?


À 16 ans, une première version de "Papa adieu" voit le jour. Le texte est maladroit, encore fragile, mais il sonne juste. Il porte une vérité brute. Contre toute attente, il touche ceux qui le lisent. Sans le savoir, j’écris alors bien plus qu’un hommage : je fais mes premiers pas dans l’écriture. C’est le début d’une passion naissante, presque vitale.


Parfois, je me surprends à penser que ce don m’a été transmis dans son départ. Comme si, en partant, mon père m’avait laissé un moyen de transformer l’absence en mots, le chagrin en création.


Les années passent. D’autres textes naissent. Mon écriture mûrit, s’affine, s’enrichit de la vie, de ses blessures et de ses lumières. Et puis l’évidence s’impose : je dois revenir à "Papa adieu", le retravailler, le sculpter, pour qu’il tombe juste. Pour qu’il dise exactement ce qu’il doit dire, sans trop, sans détour.


À travers cette chanson, hommage intime et symbole de résilience, j’espère toucher le cœur des gens.
Parce que "Papa adieu" n’est pas seulement une chanson sur la perte.
C’est le point de départ de ma passion, et peut-être la preuve que même dans les absences les plus douloureuses, quelque chose peut encore naître.

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